Salut

Tous les débuts se suivent… Le débat et la parole comme arène, ou cirque selon les envies, qui tournent autour d’une sphère littéraire, donc médiatique, forcément liée à l’ego, mais capable de se dépasser, de se sacrifier, de mourir.

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Chronique Branco Plenel Ruffin

L’écrivain est un citoyen comme un autre et son existence est aussi concernée par la politique que n’importe qui. En ce sens, il m’arrive de quitter les rivages de la fiction ou de la poésie pour m’engager sur ceux de la contestation. Ce n’est pas la posture que je préfère, loin de là. J’ai même la nette impression que j’y perds mon temps, mais à qui la faute, sinon aux faiseurs de tracas quotidiens que sont les malveillant.es qui nous gouvernent ? Il y a une dimension victimaire dans la contestation que je voudrais réfuter que je n’y parviendrai pas, mais les convictions dépassent ce type de considération. Quand faut y aller, faut y aller.

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INDÉCISE

L’ÉCLAT
Je suis un être délabré
Ma bouche a oublié ton goût sucré
Dans ta demeure d’avant les murs ont perlé
D’une soif au regard décharné
Derrière la porte de l’escalier
J’ai humé ton parfum d’antan
Je t’ai imaginé dans ta robe de jeune fille
Et défait tes boutons nacrés
 
Ce n’était qu’une pensée diffuse
Une envie de te renaître
Et comme le spectre de nos amours
J’ai entendu glisser ta robe
 
Cette chair si tendre
Passée au tamis de l’attente
Plaquée au mur de mon désir
S’est fanée sur la table de nos ébats
 
Le café s’est noyé dans l’eau de rose
Un bas a filé
Mais des fleurs d’hiver couvrent tes reins
Et mon cœur repose sur ton sein
 
J’ai parcouru ces pièces vides
Flirtant devant des vitres mouillées
Et baignées de natures mortes
Comme des odalisques lascives
 
Reste indécise et nue de moi
Souffle ces bougies antiques
Et bois dans des coupes de cristal
Le miel amer de mes vingt ans
 
Ouvre les battants, mon indécise
Et ravive les ruines de ma passion
Prise dans les rets de ta nature
Allongée sur le carrelage de la salle de bain
 
Dans le salon la chaise est dressée comme un gibet
Sur lequel tu puniras mon habit
Mes bottes et mon épée
Pour un lacet défait
 
Je ne cesse de contempler ton visage
Revenu cette nuit me hanter
D’un sourire abîmé de temps
De noces et d’éternité
 
Reste assise dans ton coin
Ta chemise s’est échancrée
Sur ton cou insaisissable
Où se perdent mes baisers
 
Mes mains vacillent au vent de toi
Et agrippent une illusion qui ricane
Derrière les grilles de ton jardin
Où de noires couleurs résistent
 
Laisse-moi, je t’en supplie
Contempler cette nudité
Qu’une porte entrebâillée
Se plait à refléter
 
Ne sois pas si indécise, ô ma muse
Et cède de toute ton âme
A cet être délabré
Qui revient pour mourir près de toi

CHRYSALIDE

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DISCOURS Ô GILETS JAUNES


Citoyennes, citoyens
Ami.es et camarades
Voyez notre nombre
Voyez notre passion
Voyez notre combat
Pourquoi ?
Pourquoi sommes-nous ici,
Ensemble ?
Ici et dans toute la France ?
Nous sommes ici pour nous soulever contre l’injustice
Et les inégalités

Nous ne sommes pas en 89
Mais nous sommes comme ce Tiers-État
Ces parents lointains
Affamés par l’aristocratie politique
Et la monarchie du capital
Combien de temps encore allons-nous endurer cela ?

Nous ne sommes pas en 1830
Mais nous refusons ces ordonnances
Contre le travail et les manifestations
Que nous glorifierons
Quand Jupiter sera terni

Nous ne sommes pas en 48
Mais nous banquetons sur les ronds-points
Échangeant le pétrole contre nos idées
La parole comme étendard
Et la solidarité pour drapeau

Nous ne sommes pas en 71
Mais nous sommes ces communards
Œuvrant pour une cité d’élus
Tirés au sort
Révocables
Et probes Nous ne sommes pas en 68
Mais nous sommes comme une jeunesse en mai
Porteuse d’avenir
Oui
Citoyennes
Nous sommes une nation d’éveillés
Oui
Citoyens
Nous sommes un pays de femmes, d’hommes et d’enfants
Qui ont rendez-vous avec une nouvelle…
DIGNITÉ

Mais nous sommes en 2019
Et depuis le Général de Gaulle 
Et sa Constitution
Tous nos représentants
Nos présidents et leurs gouvernements
Se sont servis
À l’envie
Dans le pot du peuple
Buvant
À la coupe de sa souveraineté déchue
Confisquée, méprisée

Voyez Macron
Voyez Hollande
Le socialisme est devenu un outil de ségrégation sociale et culturelle
Une dictature dans la main d’une oligarchie
Le capitalisme est à la barre
Avec son cortège de machines
De robots et de financiers

Qu’ont fait les sectes parlementaires
De gauche, du centre et de la droite
Durant ce temps ?
Qu’ont fait les syndicats
Ceux des patrons comme ceux des ouvriers
Durant ces décennies ?
Rien d’autre, camarades et ami.es, que de s’abreuver et de s’accoupler
dans le lit de l’Institution
Et de confondre progrès social et consumérisme

Que vous ont-ils dits
Tous, avec le même discours ?
Ils vous ont promis Europe
La putain atlantiste
Et quand vous avez dénoncé ses abus
Sarkozy vous a trompés et vous a enchaînés
Comme des repris de justice
Dans les rets de l’infâme que vous rejetiez
Et maintenant
La voici qui s’octroie le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes
Pour qui ?
Pour une poignée de voleurs
Qui ne sont même pas quarante
Quelques familles
Deux ou trois banques
Les mêmes écoles de privilégiés
Et de prédateurs
Ils font ployer le chêne
Dépècent l’animal
Et sacrifient vos filles et vos fils
Sur l’autel de leurs intérêts
De leur yacht privé
Et de leur bunker fiscal

Ignobles profiteurs
Infects pollueurs
Où sont-ils, ces tortionnaires environnementaux ?
Voyez notre planète
L’unique objet de leur rapacité
Notre terre
Sur quelles îles dorment-ils ?
Dans quels trous s’enterrent-ils ?
Mais nous les suivrons
Nous les pourchasserons
Nous les jugerons
Et nous leur reprendrons ce bien commun qu’ils nous ont ravi

Car nous réparerons
Ces forêts assassinées
Ces océans détruits
Ces champs contaminés

Nous mettrons hors d’usage
Ces machines excavatrices
Qui usent et épuisent le sol
Au péril de ses habitants
Proies de l’investissement pillard

Voyez, l’Afrique
Vidée de ses ressources
Nous sommes ces Africains
Pauvres et démunis
Rejetés aux limites de l’Hexagone
Nous sommes ces Peuples méditerranéens
Désargentés
Echoués d’un monde cynique
Nous sommes des indigènes
Surexploités par des coloniaux ventrus
Assis sur des sièges de velours
Au sein de notre hémicycle
Et sous les ors de l’Élysée

Nous ne payerons plus
L’Impôt Sur l’INfortune
Mais nous rétablirons
L’Impôt sur LEURS fortunes
Et nous restituerons
Ces dettes malhonnêtes
À tous ces malheureux
Spoliés, trahis
Vendus comme esclaves modernes
À la loi du marché

Il est temps
Citoyennes
Grand temps
Citoyens
De reprendre le flambeau de la vérité
Et de la raison
Voyez, la guerre économique
L’Amérique et l’Asie
Leurs anges exterminateurs
Leur commerce inique
Leur armement sophistiqué
Leurs surveillants satellitaires
Braqués sur nos contrées

Et nous autres
Camarades et ami.es
Gilets-Jaunes de France
De Tel Aviv
De Sofia ou de Bruxelles
Militant.es de tous pays
Du Chiapas jusqu’à Gaza
Contre les oppressions
Et pour la liberté
Nous sommes solidaires
Sachez-le

Écoutez
Les experts de l’ONU
Contre les violences policières
La Ligue des Droits de l’homme
Fustigeant la France bafouant le préambule de sa Constitution
Et son éthique bicentenaire

Nous livrerons bataille
Jour après jour
Envers et contre la propagande d’État
Aveuglante
Assourdissante
Nous ne serons plus les humiliés du système
C’est terminé
Nous sommes voyants
Nous sommes bien-entendants
Nous sommes intelligents
Nous avons notre Parlement
Dès aujourd’hui
Ici-même
Chez vous
Dans la rue
Dans vos foyers
C’est celui du peuple souverain
Unifié contre l’imposture
Et la concussion organisée
Il n’y aura plus de paradis fiscaux
L’enfer de tous nos maux

Le temps est venu
De couler ce vaisseau amiral
Et de recouvrer cette fierté
Que ses armateurs croyaient enfouis
Dans les abysses de leurs mensonges

Une hélénie à la boutonnière
Nous voici tous parlementaires
Ensemble
Pour rétablir l’Égalité et la Justice
Rédigeons une nouvelle Constitution
Au nom du Peuple de France
Sur le parvis de nos agoras
Et de nos démocraties retrouvées

Vive les Gilets-jaunes
Vive les Révolutions
Vive la Liberté

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HEROES

C’était en 1974, je crois, j’avais 14 ans et j’allais à l’école dans un collège de Birmingham. Filles et garçons, sur le revers de leurs blazers bleu marine, arboraient tous fièrement le badge d’Aladdin Sane, sur lequel le visage de Bowie est strié d’un éclair orange et bleu. Désormais pour moi, la musique avait un sens, un son et une émotion.

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Devenir ? Tours

Par
curiosité et pour le débat citoyen, mais aussi parce que j’ai quelques idées
comme tout le monde, je suis allé sur le premier site visitable des 8 sites
proposés à la vente par la Mairie de Tours sous un concept médiatique concurrentiel :
« Devenir Tours ». J’avais envie de savoir ce qu’il en était, donc je
me suis déplacé au carrefour Jemmapes avec l’esprit ouvert et enchanteur.

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Transmission – Ian Curtis

Depuis que j’ai entendu Joy Division pour la première fois, je ne me suis jamais lassé de leur musique. Pour Transmission, écrite par Ian Curtis et enregistrée en 1979, à défaut d’une traduction mot à mot comme c’est trop souvent le cas vis-à-vis des paroles de chansons anglo-saxonnes, j’ai préféré en extraire le sens poétique par une interprétation personnelle.

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HUMEURS RÉFRACTAIRES

Réagir à l’actualité prend du sens au moment de son expression. C’est un devoir pour un écrivain que de mettre ses facultés au service de la liberté et de publier. Pour ma part, je dispose des réseaux sociaux, d’un blog et parfois du secours d’un média pour agir. J’ai également la possibilité d’écrire pour moi seul, histoire de fixer ma pensée. En fait, il y a beaucoup de façons de manifester ses opinions et, à ce propos, j’ai recueilli toutes celles qui m’ont paru résonner entre 2013 et ce début d’année 2019 avec les événements qui se déroulent actuellement en France. C’est terrible de penser qu’agiter la sonnette d’alarme ne sert à rien. Si le train doit dérailler, rien ne pourra l’empêcher. C’est le destin. Le train d’une certaine France déraille et c’est sans doute nécessaire.  J’espère simplement que c’est pour le bien de tous, mais ça… c’est encore à voir…

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