DISCOURS Ô GILETS JAUNES


Citoyennes, citoyens
Ami.es et camarades
Voyez notre nombre
Voyez notre passion
Voyez notre combat
Pourquoi ?
Pourquoi sommes-nous ici,
Ensemble ?
Ici et dans toute la France ?
Nous sommes ici pour nous soulever contre l’injustice
Et les inégalités

Nous ne sommes pas en 89
Mais nous sommes comme ce Tiers-État
Ces parents lointains
Affamés par l’aristocratie politique
Et la monarchie du capital
Combien de temps encore allons-nous endurer cela ?

Nous ne sommes pas en 1830
Mais nous refusons ces ordonnances
Contre le travail et les manifestations
Que nous glorifierons
Quand Jupiter sera terni

Nous ne sommes pas en 48
Mais nous banquetons sur les ronds-points
Échangeant le pétrole contre nos idées
La parole comme étendard
Et la solidarité pour drapeau

Nous ne sommes pas en 71
Mais nous sommes ces communards
Œuvrant pour une cité d’élus
Tirés au sort
Révocables
Et probes Nous ne sommes pas en 68
Mais nous sommes comme une jeunesse en mai
Porteuse d’avenir
Oui
Citoyennes
Nous sommes une nation d’éveillés
Oui
Citoyens
Nous sommes un pays de femmes, d’hommes et d’enfants
Qui ont rendez-vous avec une nouvelle…
DIGNITÉ

Mais nous sommes en 2019
Et depuis le Général de Gaulle 
Et sa Constitution
Tous nos représentants
Nos présidents et leurs gouvernements
Se sont servis
À l’envie
Dans le pot du peuple
Buvant
À la coupe de sa souveraineté déchue
Confisquée, méprisée

Voyez Macron
Voyez Hollande
Le socialisme est devenu un outil de ségrégation sociale et culturelle
Une dictature dans la main d’une oligarchie
Le capitalisme est à la barre
Avec son cortège de machines
De robots et de financiers

Qu’ont fait les sectes parlementaires
De gauche, du centre et de la droite
Durant ce temps ?
Qu’ont fait les syndicats
Ceux des patrons comme ceux des ouvriers
Durant ces décennies ?
Rien d’autre, camarades et ami.es, que de s’abreuver et de s’accoupler
dans le lit de l’Institution
Et de confondre progrès social et consumérisme

Que vous ont-ils dits
Tous, avec le même discours ?
Ils vous ont promis Europe
La putain atlantiste
Et quand vous avez dénoncé ses abus
Sarkozy vous a trompés et vous a enchaînés
Comme des repris de justice
Dans les rets de l’infâme que vous rejetiez
Et maintenant
La voici qui s’octroie le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes
Pour qui ?
Pour une poignée de voleurs
Qui ne sont même pas quarante
Quelques familles
Deux ou trois banques
Les mêmes écoles de privilégiés
Et de prédateurs
Ils font ployer le chêne
Dépècent l’animal
Et sacrifient vos filles et vos fils
Sur l’autel de leurs intérêts
De leur yacht privé
Et de leur bunker fiscal

Ignobles profiteurs
Infects pollueurs
Où sont-ils, ces tortionnaires environnementaux ?
Voyez notre planète
L’unique objet de leur rapacité
Notre terre
Sur quelles îles dorment-ils ?
Dans quels trous s’enterrent-ils ?
Mais nous les suivrons
Nous les pourchasserons
Nous les jugerons
Et nous leur reprendrons ce bien commun qu’ils nous ont ravi

Car nous réparerons
Ces forêts assassinées
Ces océans détruits
Ces champs contaminés

Nous mettrons hors d’usage
Ces machines excavatrices
Qui usent et épuisent le sol
Au péril de ses habitants
Proies de l’investissement pillard

Voyez, l’Afrique
Vidée de ses ressources
Nous sommes ces Africains
Pauvres et démunis
Rejetés aux limites de l’Hexagone
Nous sommes ces Peuples méditerranéens
Désargentés
Echoués d’un monde cynique
Nous sommes des indigènes
Surexploités par des coloniaux ventrus
Assis sur des sièges de velours
Au sein de notre hémicycle
Et sous les ors de l’Élysée

Nous ne payerons plus
L’Impôt Sur l’INfortune
Mais nous rétablirons
L’Impôt sur LEURS fortunes
Et nous restituerons
Ces dettes malhonnêtes
À tous ces malheureux
Spoliés, trahis
Vendus comme esclaves modernes
À la loi du marché

Il est temps
Citoyennes
Grand temps
Citoyens
De reprendre le flambeau de la vérité
Et de la raison
Voyez, la guerre économique
L’Amérique et l’Asie
Leurs anges exterminateurs
Leur commerce inique
Leur armement sophistiqué
Leurs surveillants satellitaires
Braqués sur nos contrées

Et nous autres
Camarades et ami.es
Gilets-Jaunes de France
De Tel Aviv
De Sofia ou de Bruxelles
Militant.es de tous pays
Du Chiapas jusqu’à Gaza
Contre les oppressions
Et pour la liberté
Nous sommes solidaires
Sachez-le

Écoutez
Les experts de l’ONU
Contre les violences policières
La Ligue des Droits de l’homme
Fustigeant la France bafouant le préambule de sa Constitution
Et son éthique bicentenaire

Nous livrerons bataille
Jour après jour
Envers et contre la propagande d’État
Aveuglante
Assourdissante
Nous ne serons plus les humiliés du système
C’est terminé
Nous sommes voyants
Nous sommes bien-entendants
Nous sommes intelligents
Nous avons notre Parlement
Dès aujourd’hui
Ici-même
Chez vous
Dans la rue
Dans vos foyers
C’est celui du peuple souverain
Unifié contre l’imposture
Et la concussion organisée
Il n’y aura plus de paradis fiscaux
L’enfer de tous nos maux

Le temps est venu
De couler ce vaisseau amiral
Et de recouvrer cette fierté
Que ses armateurs croyaient enfouis
Dans les abysses de leurs mensonges

Une hélénie à la boutonnière
Nous voici tous parlementaires
Ensemble
Pour rétablir l’Égalité et la Justice
Rédigeons une nouvelle Constitution
Au nom du Peuple de France
Sur le parvis de nos agoras
Et de nos démocraties retrouvées

Vive les Gilets-jaunes
Vive les Révolutions
Vive la Liberté

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HUMEURS RÉFRACTAIRES

Réagir à l’actualité prend du sens au moment de son expression. C’est un devoir pour un écrivain que de mettre ses facultés au service de la liberté et de publier. Pour ma part, je dispose des réseaux sociaux, d’un blog et parfois du secours d’un média pour agir. J’ai également la possibilité d’écrire pour moi seul, histoire de fixer ma pensée. En fait, il y a beaucoup de façons de manifester ses opinions et, à ce propos, j’ai recueilli toutes celles qui m’ont paru résonner entre 2013 et ce début d’année 2019 avec les événements qui se déroulent actuellement en France. C’est terrible de penser qu’agiter la sonnette d’alarme ne sert à rien. Si le train doit dérailler, rien ne pourra l’empêcher. C’est le destin. Le train d’une certaine France déraille et c’est sans doute nécessaire.  J’espère simplement que c’est pour le bien de tous, mais ça… c’est encore à voir…

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Soyons légitimes !

Les armes de destruction massive ne sont pas celles que l’on croyait, elles étaient et sont toujours dans les mains du Sénat américain et dans un bouquet de progressistes européens. Les peuples du Moyen-Orient ont été leurs premières victimes, ne l’oublions pas, parce que ces personnes, hasard de la géologie, vivent au-dessus d’une manne naturelle dont nos modèles économiques ont besoin. Nous pouvons nous indigner des conséquences, aujourd’hui sur notre sol, mais le gouvernement français suit lui aussi une logique privée loin de l’intérêt général. Vous et moi sommes négligeables et nos morts sont le cadet de ses soucis. À quoi songent les ministres et les directeurs de cabinet à l’Elysée ou à Matignon si ce n’est à leur avancement ? L’institution d’une autre monarchie constitutionnelle est bien avancée, la dictature se rapproche et les partis en lice pour 2017 n’ont qu’une envie, s’emparer de ce pouvoir de plus en plus attrayant. Réformer le système hiérarchique de notre société devrait être le seul sujet digne d’intérêt en ces temps trop tournés sur l’égocentrisme de potentats à la pensée archaïque. Une chose me rassure, les expériences de démocratie directe, par des collectifs ou des coopératives, se développent. Ce n’est plus la question de la légalité qui prime, mais celle de la légitimité. Tournons le dos aux orchestres de la désunion et à leurs chefs. Les solutions pacifiques sont dans le brassage des opinions et dans l’accord pluriel.

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Libre arbitre

Cette époque m’ennuie de sa complexité. Loin de me retourner sur un passé révolu pour en exhumer je ne sais quelle raison, je constate que nous avons tous, de notre vivant, un rapport très intime avec le temps qui défile. En puisant dans cette image de mon enfance, je mesure une période déjà longue qui continue de se produire, jour après jour, et, comme les êtres chers disparus, des échos tentent désespérément de remonter à la surface. Il n’en reste pas grand-chose, sinon des souvenirs ténus, fragiles, qui s’estompent.

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Attentats Made in France

Il y a une charge émotionnelle difficile à exprimer dans les œuvres de ceux qui utilisent l’art ou l’écriture à fin d’alertes. Je pense tout particulièrement à Nicolas Boukhrief et à son film Made in France, dont la sortie en salle, à cause des événements, a été reprogrammée sine die. Ne l’ayant pas vu, tout ce que je peux en dire est qu’il annonce, par la fiction, ce qui vient de se dérouler à Paris ce 13 novembre 2015. Peut-être, et je dis bien « peut-être », qu’il s’agit là d’un opportunisme mercantile lié à la sombre actualité mondiale, qui retentit d’attentats et alimente le cinéma d’une violence sans pareille, ou du désir de provocation d’un cinéaste de bousculer les esprits par un film dont la catharsis ne manquera pas de rassurer ses spectateurs.

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Court essai sur l’esprit du silence

J’ai lu un jour les mémoires d’une résistante bordelaise durant la dernière guerre. Elle tenait un café dans lequel venaient des résistants en quête d’informations, de laisser-passer ou de toute chose impossible à débattre à voix haute dans un lieu public. Ce qui m’avait le plus impressionné, c’était la difficulté pour cette femme de reconnaître la véritable intention de ceux qui venaient à elle pour un service lié à son activité souterraine. Qu’un individu vînt de la part d’untel ou untel, comment lui faire confiance pour ne pas trahir un réseau ou un camarade, pour ne pas se trahir soi-même.

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