Sympathy for the Devil

J’étais plutôt Beatles à l’adolescence parce que ma marraine m’avait offert le 45 tours de « Michelle » pour mes cinq ans en 1965. Ça date, mais je n’ai pas oublié, ni l’intention, ni l’objet, et moins encore cette mélodie fredonnant mon prénom au féminin.

Les Stones sont apparus plus tard dans ma collection avec une cassette de l’album Woodoo Lounge sorti en 1994. J’étais très en retard, je scotchais sur d’anciens titres, tel que SYMPATHIE FOR THE DEVIL, sans trop savoir ce qu’il y avait dedans. Le rock anglais, c’est souvent on n’sait pas trop ce qu’ils disent, on fredonne un peu au hasard des mots imprécis, des bribes plus ou moins attrapées au vol. Pourtant, Jagger dispose d’une diction parfaite et si notre écoute est attentive, les couplets coulent de source, surtout dans les versions studio. Sans doute mon séjour à Londres a changé quelque chose dans ma façon de percevoir la pop. Il y avait sur Denmark Street, près de Tottenham Court Road, un marchand d’instruments qui proposait un choix de livres impressionnant. Albums critiques, histoire des groupes, photos, posters, affiches et partitions, et surtout les lyrics de toutes ces chansons que je connaissais depuis toujours mais dont le sens m’échappait.

Lors du concert des Stones à Hyde Park, deux jours après la mort de Brian Jones et en son hommage, Mick Taylor le remplace à la guitare. J’aime particulièrement dans cette vidéo le rythme de la samba, propre à cette chanson, très « vaudou ». A la fin, on aperçoit Paul Mac McCartney dans le public.

Enfin, chez les Stones, SYMPATHIE FOR THE DEVIL reste mon titre préféré (avec Angie), parce qu’elle me fait penser au Faust de Goethe, ma pièce de chevet (dans le texte, s’il vous plait), tel un pentacle, si vous voyez ce que je veux dire. Comment savoir ce qu’une rencontre avec le diable peut donner ? Eh, pendant que nous y sommes, dites-moi, pourquoi le diable se présente-t-il si souvent sur les routes de nos vies ? Ne dites pas non ! Il est parmi nous, près de nous et nous n’osons toujours pas le reconnaître, n’est-ce pas ?

Et puisqu’il est ici, pourquoi ne pas lui demander ce qu’il veut ?

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SYMPATHY FOR THE DEVIL

Eh toi, t'es qui ?
Permettez que je me présente 
Je suis un homme de bonne naissance
Et je traînais, depuis quelques temps déjà
Ravissant ici où là des âmes perdues

J’étais là, près du Christ souffrant
À l’instant crucial du doute
Car je voulais m’assurer que Pilate
Scellait bien son destin en s’en lavant les mains
 
Enchanté de vous rencontrer
Auriez-vous oublié mon nom ?
Je sais bien que ma vraie nature
Ne cesse de vous tourmenter

En voyage à Saint-Petersbourg
J’ai profité du moment
Et j’ai tué le tsar et ses duchesses
Laissant Anastasia crier en vain
 
En uniforme de général
J’ai conduis une division de tanks
À travers les charniers puants
Et au plus fort de la Blitzkrieg
 
Enchanté de vous rencontrer
Vous vous souvenez de moi, n’est-ce pas
Je sais… ma vraie nature
N’a jamais cessé de vous tourmenter
 
Quelle joie de vous revoir
Mais regardez vos têtes couronnées
Elles se battent depuis des décennies
Pour leurs dieux de pacotille
 
Oui, j’ai applaudi
A la mort des Kennedy
Quelle importance de savoir qui les ont tués
Si c’était vous ou moi
 
Laissez-moi me présenter
Je suis un homme en tout point respectable
Même si je tends des pièges aux troubadours
Et les assassine aux portes de Bombay
 
Cette rencontre m’enchante
Aurais-tu oublié mon nom
Je sais bien que ma vraie nature
N’aura cessé de te tourmenter
Allez, viens, mon ange
 
Je suis si heureux de te revoir
Aurais-tu oublié qui je suis
Ne sois pas si confuse
Tu sais bien que c’est le jeu
 
Bien sûr qu'les flics sont des criminels
Et les pécheurs de foutus  saints
De mon crâne jusqu’à ma queue
Appelle-moi Lucifer
Je n’en ferais cas
 
Mais si vous me voyez
Soyez courtois
Honorez-moi de votre amitié
Entre gens de bonne condition
Vous ne voudriez pas salir votre âme
 
Enchanté de vous rencontrer
Mais auriez-vous vraiment oublié mon nom
Quelque chose vous chiffonnerait-il
Je suis comme ça, vois-tu, viens donc
 
Oh oui, viens à moi
Oh oui
 
Allez, bébé, dis mon nom
Allez mon ange, devine qui je suis
Allez, baby, dis-moi mon nom
Si tu ne t’en souviens, tant pis pour toi
 
Oh oui
 
Ah, qui suis-je ?
Allez, bébé, qui suis-je donc ?
Allez dis-le, ma mignonne
Comment j’m’appelle ?
Brian JONES en 1969 – Photo Ethan RUSSEL

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