Vous avez dit : « Liberté d’expression » ?

Je pose la question : « Qu’est-ce que la liberté d’expression ? »

Parmi les mille et une réponses possibles, il me vient celle-ci : « S’affranchir des limites ». Au-delà de ces limites, où l’on espère un progrès, c’est autre chose, sans doute une course « à la vie, à la mort », une façon d’être dans la réalité du monde, dans ses contradictions et, surtout, se retrouver face à d’autres, faiseurs de limites, pour qui le sens de cette question aurait la plus subversive des significations, pour qui sa simple évocation serait dérangeante.

C’est aussi une école des mots, ceux qui blessent, ceux qui tuent, ceux qui disent, simplement, et qui dérangent parce que pour certains tout n’est pas bon à être révélé, et parce qu’il y a autour de la liberté d’expression une volonté certaine de dénoncer l’arbitraire.

Et puis il y a l’analyse, c’est là une question d’équilibre, presque du juridique, une autre école, celle du jugement, des mots, toujours et encore, mais des règles spécifiques, des lois alors que, logiquement, la liberté d’expression devrait s’en dédouaner et, justement, exprimer son indépendance.

Mais encore, comment dissocier la liberté d’expression de sa pire ennemie, l’obscurantisme, qui la voit toujours renaître dans les pires conditions, à travers les absolutismes, politiques ou religieux. Notre époque, loin de s’éveiller, en est le triste témoin. Beaucoup d’entre nous, dressés contre de puissants maniaques, en subissent les atroces et si stupides conséquences.

L’idéal serait qu’on ne parle jamais de liberté d’expression. Dès lors que celle-ci est convoquée, il est évident qu’un problème est posé, généralement par un abus de cette liberté. Les constituants de 89 l’avaient bien anticipé, « sauf » à prévoir, à défaut d’« à répondre », que d’autres abus viendraient à leur tour entraver cette même liberté.

La liberté d’expression, dans le contexte actuel, est une forme salutaire de révolte à toutes les nouvelles formes d’oppression, c’est La révolte.

Le but ultime, la cause sublime, c’est la justice et la paix, donc ça se défend !

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