Heures sombres 2023

Sans en faire une généralité, car des voix savent aussi s’élever, j’ai quand même l’impression qu’une forme insidieuse de fascisme s’installe en France, à moins qu’elle ne soit là depuis longtemps. Sans parler des politiciens de gauche, qui se sont empressés de réélire un président qu’ils voulaient absolument bannir, l’attitude des intellectuels, des journalistes, des écrivains et des artistes m’inquiète. Sans défendre le nationalisme, qui est à mon sens une grave ineptie, il faut lui reconnaître sa dimension protectionniste quand il s’agit de de ses intérêts. Bien que toute propagande patriotique soit douteuse, celle des Etats-Unis est sans doute l’une des plus dangereuses à l’heure où ce pays est en déclin économique.

Aussi, quoi de plus naturel pour eux que de convoiter les richesses des autres continents en espérant leur destruction. La guerre en Ukraine participe de cette colonisation du capitalisme contre les valeurs d’un pays hermétique à celles de l’occident. Ainsi l’Otan, à laquelle nous a raccrochés Sarkozy alors que le général de Gaulle nous avait évité d’en être les vassaux, fédère pour le compte de l’administration Biden nos pays européens avec la collaboration active de la présidente de l’union européenne.

Les médias français, pour la plupart corrompus à l’argent et à la doxa gouvernementale en vigueur, ne montrent qu’une petite partie du problème ukrainien. Et pendant que nous sommes si manifestement désinformés, la censure mise en place par ces marionnettistes de l’opinion est de nous soumettre à un consensus très limité intellectuellement alors que les vrais enjeux sont débattus ailleurs, sans notre consentement, et bien sûr à nos dépens.

Pourtant, chacun voit clairement que des idéologies issues de la deuxième guerre mondiale, et sans doute inscrites dans ce que l’humanité a de pire en elle, sous-tendent les innommables actions générées par des troupes aux pratiques les plus barbares. Ceci, qui plus est, avec des moyens que vous et moi, citoyens du monde et contribuables français, nous fournissons aux réels oppresseurs.

Au lieu de dénoncer ces pratiques, ces intellectuels, ces journalistes, ces écrivains et ces artistes, qui se reconnaîtront peut-être, condamnent l’agressé pour mieux se déculpabiliser. Mais il est de bon ton d’éviter ce genre de propos quand ceux qui invoquent la résistance ou se proclament des poètes engagés promeuvent souterrainement la haine, la désaffection de la pensée et l’obéissance aux forces obscures du temps. Défilez, relevez le menton, le président, la nation, l’Europe vous regardent.

Ne mésestimons jamais la puissance de l’inconscient, et pour citer Goethe : 

Doch ihr, die echten Göttersöhne,

Eurfreut euch der lebendig reichen Schöne !

(Derr Herr – Prolog im Himmel – Faust)

 

 

 

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