France ténèbres 2015

France 2015

Le retour des ténèbres

Joyeux Noël

Il n'y a pas de quoi pavoiser.

Mettre un drapeau devant chez soi, ce n’est pas un geste ordinaire. Nos maisons ne sont pas des institutions publiques. L’appel de Hollande pour le 27 novembre a été peu suivi,pour cause d’attentats meurtriers. Dans mon quartier, seules quelques personnes ont arboré les couleurs nationales. Vu le contexte, c’était un peu mal venu. La décimation de la jeunesse dans une salle de concert n’est pas un sujet de réjouissance. Il y a une expression bien de chez nous qui dit : « Il n’y a pas de quoi pavoiser ! ».

***

Que voulait au juste notre président ? Que nous manifestions ? Pour qui ? Pour lui ? Pour quoi ? Sa remontée dans les sondages ?

Pour l’unité nationale ? Mais laquelle ?

Celle qui oblige la population à respecter un état d’urgence dévoyé par une police débridée qui ne distingue pas le terroriste de l’écologiste ?

Celle qui stigmatise tout un pan de la société française pendant un débat électoral ?

Danger !

Alors qu’il y a tant de choses à dire, sur les attentats, sur l’état de la planète, sur la liberté d’expression.

Non, le drapeau n’est pas un symbole de défaite, mais celui du progrès et de la victoire. C’est Valmy, Jemmapes, mais pas le Bataclan, ni même Charlie. Que retiendra l’histoire ? Nous n’en savons rien, mais François Hollande est d’ores et déjà le premier président à perdre une bataille sur son propre sol depuis l’armistice du 22 juin 1940.

Quelle gloire !

Ainsi, après avoir hypocritement fait déplacer des familles en deuil lors d’une commémoration aux Invalides, que la grand’messe médiatique internationale s’est donné rendez-vous à Paris, quelques jours à peine ont suffi à montrer toute l’infamie de cette manipulation.

SOUVENIR de PARIS

Recueillement des ROBOCOP21, place de la République à Paris, après les attentats meurtriers du 13 novembre 2015

Recueillement des ROBOCOP21, place de la République à Paris, après les attentats meurtriers du 13 novembre 2015

Cette Cop21, ce beau projet de discussion à l’échelon mondial, cette opportunité planétaire pour que la parole se livre, montre, démontre, discute et se rassemble pour favoriser les échanges, voici qu’elle devient le cadre de référence d’une élite barricadée et loin du peuple de terre. De plus, là où il est question d’économie, au sens noble du terme, nous venons d’assister à l’une des plus grandes dépenses somptuaires de ces dernières années.

Une honte.

Encore une chose, loin de se satisfaire de ces manquements, j’ai entendu le dernier message radio du premier ministre.

Moi, je l’aime bien, notre bonapartiste de service. Le style va-t-en-guerre, empanaché.

Vous ne trouvez pas pourtant que sa façon de nous amener doucement vers un grave conflit est des plus insidieuses. La guerre… je devrais dire « les », car il est question de la guerre contre un certain islam, et de la guerre civile. Soit une guerre sur un sol étranger contre une nation étrangère, et une autre entre nous, Français, sur notre propre sol.

Face à ces multiples contextes, il est en effet possible d’imaginer, en cas d’élection du Front national en 2017, une nuit de purge à la Française, doublée d’une ratonnade géante. Ce serait le scénario idéal pour placer le pays en haute sécurité, et mettre ainsi la République à la merci d’une poignée de dirigeants de pouvoir.

Du coup (d’état), ce serait un peu tard pour vérifier les thèses de ce parti, telles qu’elles sont présentées dans ses dépliants électoraux : de fait elles n’auraient plus cours.

Cependant, en y regardant à deux fois, que fait exactement ce gouvernement de gauche actuellement ?

Économiquement, il donne un large crédit aux banques et au patronat, il admet la délocalisation et la disparition de l’industrie, il pérennise le chômage.

Politiquement, il assiste impuissant à l’Europe des lobbys quand il ne les accompagne pas, et ce, souvent au détriment de la santé publique ; il permet l’autocratie dans les villes sous son allégeance et le cumul des mandats ; il augmente les impôts de façon drastique pour maintenir un corporatisme étatique de presque six millions de Français ; il se comporte à peu près comme une monarchie, favorisant les élites courtisanes et dépensant sans compter le trésor public, et, on peut le dire, il abuse en toute impunité du bien social.

Électoralement, en stigmatisant avec le concours de la presse une partie de l’électorat français à des fins personnelles, il fausse les règles démocratiques et continue d’installer un totalitarisme de la pensée particulièrement pervers, et surtout très efficace,

Géopolitiquement, beaucoup d’observateurs internationaux accusent la France d’intelligence avec les Saoudiens, lesquels dispensent une des politiques les plus controversées de la planète, notamment à cause de sa cruauté envers son peuple et ses financements occultes à des groupes terroristes, ceux-là même qui nous ont lâchement attaqués à Paris en novembre ; et la politique française à l’étranger, jusqu’ici favorable à défendre le peuple syrien, s’accorde aujourd’hui à se ranger du côté de son exterminateur.

À l’intérieur, la loi sur le renseignement, qui permet au gouvernement de surveiller toutes vos communications ; et un fascisme de plus en plus net apparaît en France, notamment lors de manifestations telles qu’à Sivens, à Notre-Dame-des-Landes et tout dernièrement durant la COP 21 après la mise en place d’un état d’urgence opportuniste.

Humainement, nous assistons à une gestion des réfugiés calamiteuse et indigne de notre propension à nous montrer sous l’angle droit-de-l-hommiste,

Stratégiquement, les faits d’annonce des guerres dans lesquelles plonge le peuple français tout entier contribue au désarroi.

Pourtant, à cette heure, nous ne pouvons douter que la France est un pays démocratique. Il y a encore des leviers qui permettent au peuple de manifester son désaccord. Seulement, face à ce nouveau totalitarisme qui s’empare des idées plutôt que des corps, l’effort de résistance est une nouvelle épreuve pour les libertés individuelles et collectives.

La gangrène s’est déjà très spécifiquement infiltrée dans le milieu intellectuel. Philosophes, écrivain.e.s, cinéastes, artistes, des pans entiers de la société pensante tâche de bien faire, et le résultat est une misère des plus navrantes. Une partie du corps culturel français est incapable de se remettre en question et de se retourner contre celui qui le nourrit si mal, parce qu’il le nourrit.

Quant à la droite, elle ne sait ni penser ni créer, elle ne se lève que pour acquiescer à des ordres élitistes.

***

Pour aller dans le sens de Manuel Valls, petite perspective de guerre civile.

Les Français s’arment, par tous les moyens, surtout au marché noir. Dans toutes les caves de France et de Navarre, nos apprentis miliciens s’entraînent aux maniements des armes. Armes de poings, fusils automatiques, du vieux, du neuf, du déclaré ou pas, n’importe quoi pourvu que ça fonctionne le lendemain des élections présidentielles, quand l’extrême-droite sera passé avec l’assentiment du peuple. Ce sera une nuit sanglante, tolérée, aidée par une police qui aura voté de ce côté-ci des choses, et un chaos sans nom aura lieu en toute impunité dans nos quartiers en attendant le tour de vis déjà souhaité et prévu à l’avance.

Il y aura ce soir-là deux combats. L’un entre les fascistes, c’est-à-dire les groupuscules paramilitaires, bottes aux pieds et treillis de combat sur le dos, qui se précipiteront sur tous les opposants à l’ordre nouveau. Les responsables d’associations vont en prendre plein la poire, et après ce sera le tour de tous ceux qui, de près ou de loin, ressembleront à un arabe, musulman ou non. La grande ratonnade enfin permise, sous les ors d’un nouveau gouvernement qui fermera les yeux ce jour sacré où ces forces vives pourront enfin montrer à la face du monde sa détermination à faire valoir ses magnifiques petites idées.

Ce n’est pas un tableau, c’est un récit apocalyptique à prévoir, au même titre que le réchauffement climatique qui produit d’ores et déjà des catastrophes humanitaires d’une ampleur considérable.

Joli scénario, n’est-ce pas ? Merci qui ?

***

LE TOTALITARISME BIEN-PENSANT de GAUCHE

Cette chose grasse m’inspire la défiance depuis quelques décennies.

J’avais pris le train avec la génération Mitterrand, mais j’ai vite sauté en marche quand j’ai compris la manipulation dont la pensée était sujette.

Ce nouveau totalitarisme, bien qu’il serve des individus précis, s’est mis en place de façon quasi-automatique, avec l’accord tacite d’une classe culturelle et politique qui a laissé faire, parce que l’argent, le pouvoir et la reconnaissance sont des arguments sans pareils.

Ce nouveau totalitarisme ne tue pas de façon directe et physique, il enferme dans un vide intellectuel, jusqu’à ce que le non-conformiste disparaisse définitivement des écrans radars.

Ce nouveau totalitarisme instaure peu à peu, sans que la jeunesse s’en rendre vraiment compte, un nivellement par le bas des idées et la pensée devient un cadre inaccessible dans lequel ne s’expose qu’une ligne directrice admise par le parti régnant.

Ce nouveau totalitarisme est nouveau parce qu’il n’a pas besoin d’utiliser la force ou la terreur. Il progresse parce que les individus sont eux-mêmes les propagateurs de leur propre emprisonnement intellectuel. C’est à celui qui dira le mieux telle ou telle phrase bien-pensante.

Ce nouveau totalitarisme est carcéral. L’emprisonnement de la conscience est une des formes les plus élaborées du totalitarisme moderne. Mais que l’on ne s’y trompe pas, ce nouveau totalitarisme est tout entier basé sur l’enrichissement et la corruption.

La destruction de la morale sociale est en marche. Le métier d’homme ou de femme politique aujourd’hui est l’activité humaine la moins éthique qui soit en Europe. Les peuples assistent effarés à leur mise sous tutelle intellectuelle, et s’ils l’acceptent finalement sous la menace des nouveaux nationalismes, il faut que chacun sache que ce nouveau totalitarisme est effectif, qu’il est aujourd’hui beaucoup plus à craindre que le nationalisme, sachant que celui-ci ne dispose d’aucune ressource de pouvoir. Les mouvements nationalistes aujourd’hui n’ont qu’une aura représentative, mais aucune marge de manœuvre en matière de pouvoir politique.

Le danger c’est ce qui se passe aujourd’hui, le pouvoir en place. C’est pour cela que toute la société française, européenne et même mondiale, doit s’organiser pour résister au dogme totalitaire actuel.

La soumission des ressources de la planète, la destruction des rapports humains et leur capacité à se fédérer contre les abus des puissants sont à l’ordre du jour de ce nouveau totalitarisme, et je crains que la France en devienne un des principaux fers de lance. Cette France sous le pouvoir d’une gauche qui ne répond plus à ses fondamentaux. Une gauche libérée de ses liens idéologiques qui faisaient sa grandeur, c’est-à-dire la protection des intérêts les plus faibles. En privilégiant maintenant les intérêts des plus forts et des plus grands prédateurs sociaux, la gauche bien-pensante est devenue le grand monstre de ce premier quart du XXI° siècle.

L’être humain perd sa capacité de jugement, et beaucoup de données sur lesquelles il devrait réfléchir sont faussées.

Quant à la menace terroriste, elle tombe à point nommée. Dans un sens, la cruauté en moins, nous pourrions dire du sentiment rebelle qui sous-tend les mouvements anti-occidentaux qu’il est pour nous autres peuples d’occident un modèle de réponse à l’exercice des injustices flagrantes qui se mettent en place, non seulement dans les pays arabo-musulmans mais également ici-même, sous nos latitudes européennes.

Voter pour ses bourreaux, voilà la si navrante réponse des Français aujourd’hui à leur asservissement. C’est dire à quel point ce nouveau totalitarisme est efficient.

***

Parce que c’est dans la nature de l’histoire de générer des conflits et de les éteindre. Parce que c’est dans la nature de l’homme de bousiller pour mieux reconstruire. Il suffit d’observer les jeux des petits enfants pour comprendre. Ils sont capables d’assembler minutieusement un édifice, lego, brindilles, objets hétéroclites, puis soudain provoquer l’explosion qui fera tout valdinguer dans le salon.

Que font les gouvernants ? Pareil. Ni plus ni moins. Ce sont pour la plupart des types extrêmement dangereux, des fous en liberté qui se sont arrogé des moyens énormes. Ils s’en servent pour profiter de la vie, quitte à nuire à l’humanité tout entière. Essayez de vouloir pacifier tout ce beau monde et vous verrez, vous toucherez alors leurs petits intérêts claniques et familiaux.

Je m’égare. Il était question de la France qui pavoise. C’est vrai, tous ces gentils morts dans les rues de Paris. Non non, t’inquiète, gauche caviar, je ne t’oublie pas. Surtout quand j’entends dans tes grands élans guerriers que tu envoies le grand porte-avion, le Charles-de-Gaulle au Moyen-Orient, encore une fois. C’est le spécialiste des allers-retours inutiles.

Écoutons le général de l’armée :

« Zou, allons déverser des bombes… Ça va faire plaisir à l’armement… On va pouvoir se mesurer avec nos camarades, savoir enfin celui qu’a la plus grande… bon, au début, il fallait protéger les civils, ceux aussi qui s’opposaient au dictateur qui tuaient son peuple par tous les moyens… et puis maintenant on va cogner sur les barbus… mais finalement on va aussi cogner sur les civils puisqu’aux dernières nouvelles on va s’mettre du côté d’Assad, le dictateur…  Pourquoi ?… ben parce que les Ruskofs en ont décidé ainsi… oui, nous on obéit aux ordres, du moment qu’on bazarde des bombes, qu’on tire sur des bonhommes, c’est tout ce qui nous intéresse…  que ce soient les Russes ou les Saoudiens qui commandent, on s’en fiche pourvu qu’ils nous envoient jouer à la guerre.

***

René Tendron, PS.

C’est tout de même malheureux, mon cher Manu, ce que tu dis là. D’un côté tu tends la main au petit Français des campagnes, de l’autre tu le vomis. Ce n’est pas logique, mon garçon, on n’y comprend plus rien. En plus, tu nous expliques qu’il faudrait aussi qu’on marche sur la tête. Alors il y a ceux qui votent à droite, depuis toujours, et puis voilà qu’ils doivent voter à gauche, pour l’opposant historique en somme. Et lui, il doit voter pour nos représentants. Va comprendre si les cartes ne sont pas truquées.

En fait, tout ça, c’est bonnet-blanc et blanc-bonnet. Je comprends mieux les bonnets rouges maintenant, c’est plus clair dans le fond, au moins ça veut dire quelque chose, ça ne tourne pas autour de petits intérêts mesquins qui voudraient nous faire croire qu’il en va de la démocratie, c’est leurs gueules d’abord.

***

L’erreur ne doit plus être humaine, l’homme, la femme, jeunes ou moins jeunes, il serait temps de devenir adulte. Ce n’est pas une appartenance à un parti qui doit défragmenter la société. Stigmatiser c’est punir et nourrir le sentiment de la revanche. Au contraire je pense qu’il faut un meilleur consensus.

Lors des résultats du deuxième tour, avez-vous comme moi entendu la colère contenue dans le discours de la représentante du FN. Certes, ne soyons pas naïfs, il y a bel et bien des factions néo-nazis qui défilent dans son ombre, mais tous les électeurs n’en sont pas forcément conscients. Il y a un travail d’éducation et de dialogue à opérer. Il n’y a pas que les musulmans dits « radicaux » qui méritent que l’on se soucie d’eux, beaucoup d’électeurs français ont besoin d’être écoutés et rassurés. Du travail et moins d’impôts, voilà les ingrédients de la paix sociale, ce n’est pourtant pas difficile. Alors pourquoi le gouvernement n’agit pas et laisse empirer les choses ? Au-delà de son incompétence manifeste, de son irresponsabilité, quel est son intérêt occulte ? Et à qui profite cet intérêt occulte ?

Leurs nom et adresse, s’il vous plait, que la loi sur le renseignement serve à informer les citoyens.

***

Le président du tribunal populaire :

« La dernière fois qu’on a sorti les petits drapeaux, et les grands par-dessus le marché, c’était à la Libération. Ah, c’était autre chose ! C’était une victoire, une vraie libération, une belle journée qui plus est, pas un constat de fainéants devant leur pitoyable travail, quelle misère, vous vous rendez compte, rien qu’au Bataclan, une salle où l’on danse, où l’on écoute de la musique, plus de cent jeunes assassinés, alors leur cérémonie dans la grisaille d’un petit matin de novembre. Quelle tristesse. Une honte. Je pense à toutes ces familles. Elles se seraient bien passées de l’hommage qui a été fait à leurs enfants décédés dans Paris ce tragique vendredi 13 novembre. Vous imaginez, vous, les médias qui commentent l’attentat et les portables de votre enfant qui ne répond pas, où qui sonnent et résonnent au-dessus d’une mêlée de corps, pauvres gens pauvres gosses. À la cérémonie il y en avait même un, qu’il paraît, qui tournait le dos, un signe de contestation, pour sûr, là, il y avait de quoi. Vous croyez que nos gouvernants ils auraient fait quelque chose après le 7 janvier, quand ils ont tués le grand Duduche et ses petits camarades. Ils auront beau faire — ce qui est mal parti — ces gens-là, eux qui dirigent, qui se croient au-dessus du droit parce qu’ils ont des prérogatives, eh bien ils ont déjà des comptes à rendre devant la nation, devant le peuple, devant chaque individu.

» Nous accusons ces gens-là, le Président et tous ceux qui ont soutenu sa politique, d’irresponsabilité aggravée. La sentence, même si on ne peut pas faire grand’chose et qu’ils couleront une retraite tranquille à grands frais, est leur obligation de quitter le gouvernement séance tenante et de laisser faire les personnes plus compétentes.

» Huissier, organisez de nouvelles élections, je vous prie.

― C’est en cours, citoyen président, c’est en cours, mais cela ne nous dit pas qui sera élu, son degré de compétence, et quelle sera sa nouvelle politique.
― Très juste. Vous voyez qui pourrait faire l’affaire ?
― Non, et vous ?
― Non plus.
― C’est inquiétant.
― Plutôt… »

***

Myriam Mateau, vote LR.

Moi, ce qui m’ennuie dans l’histoire, même si je n’ai pas voté FN, c’est que la société actuelle, avec sa morale viciée, elle ose dire qu’il y a plus de six millions de Français qui sont des salauds, et vous avez un tas de gens de tous âges sur les réseaux sociaux qui font pareil, qui défèquent sur ces gens-là, qui n’ont pas une noisette de bon sens dans leur petit cortex cérébral, qui les injurient, qui les vomissent. Cette situation n’est pas saine, une implosion est à craindre, et nos politiques continuent à ne rien comprendre.

***

 

Raymond Gaillard, routier :

« C’est ça le recueillement ? Une bande de matons en noir qui piègent de pauvres gars qui manifestent pour une terre plus verte. Sans déconner, parce que là ça déconne grave, il faudrait voir à pas nous prendre pour des cons. L’état d’urgence, à la rigueur, on aurait pu comprendre après l’attentat à Charlie, mais ils ont rien fait là-haut, ils ont défilé en récupérant l’événement, en tirant la couverture à eux, la télé et tout l’toutim. J’te jure, j’les regardais dans mon camion — ouais, j’regarde un peu en roulant, c’est pas interdit, quoi ! — toute cette bande d’hypocrites, j’te foutrais tout ça par-dessus bord, moi, à la casse et j’en mettrais des plus intelligents, des moins corrompus, tiens ! Y’avait même un Arabe et un autre du Hamas avec son coéquipier d’Israël. Attends, on est dans quel monde ? Dans quel pays de collabos ? Bien sûr qu’il y a complot, et ils s’en foutent tous plein les fouilles à notre détriment. »

***

Gisèle Crampon, commerçante à Nation.

« Mais qu’est-ce qu’il lui prend à ce gouvernement ? Après son incapacité à défendre une jeunesse qui s’est faite massacrée pour lui faire plaisir, il ordonne à la police de frapper des gamins et des vieux dans la rue. »

***

Olivier Bensalem, universitaire boursier à la Sorbonne :

« Moi, l’idée d’unité nationale, j’veux bien, mais voilà, je suis allé manifester le 11 janvier après l’attentat à Charlie Hebdo… par solidarité mais aussi parce qu’on peut pas rester indifférent… c’était pour moi un moment sans véritable conscience, une sorte de jour étrange où j’ai un peu suivi d’abord… tu vois, un moment hors du temps, mais il y avait une réalité pourtant… je ne suis pas particulièrement militant… il y a à la fac plein d’étudiants qui militent pour tout un tas de truc, mais là, quand j’ai compris que les politiques récupéraient l’événement… ça m’a dégoûté et je me suis dit qu’on pouvait pas laisser ces types continuer à déposséder les gens comme ça, de leur voix… de leur dignité, et du coup je comprends mieux les autres étudiants maintenant, si avant j’avais pas la culture militante, je crois que je saurai me rappeler de ce jour… »

***

Guerre si vile rob milaire jpeg

L’homme du peuple

Il est à sa table

Devant sa fenêtre du soir

Les rideaux tirés sur les derniers rayons

Un œil sur le dehors

Son jardin potager

L’autre en dedans

Il graisse sa pétoire

Sur la table de la cuisine

Le manche en bois sur la toile cirée

La culasse sur ses genoux

Son chiffon est gras

Il va et vient dans l’âme du canon

Sa femme le regarde

A son fourneau la soupe

La télé dans un coin

«

Ils l’ont dit l’mot malin

Celui qui heurte

Les consciences et les cœurs

Le premier ministre

L’ex-taulier de la France

Et son successeur

Si c’est ça qu’vous voulez…

»

V’là qu’il pense le pécore

Il se souvient de son père

Et de son père avant lui

De 14 et de 40

Du coup

Il a décroché la pétoire

De sur la cheminée

«

Attends voir

On va enfin marcher droit

Dans nos bottes

Qu’le trottoir est à nous

»

***

Roland Perchureau :

De toutes les façons, le gouvernement n’en a rien à foutre de vos gueules, y’a qu’à voir les saloperies sanitaires qu’ils nous préparent pour nous exterminer.

 

 

Laisser un commentaire

Votre email ne sera pas publié / les champs obligatoires sont indiqués par une *