Court essai sur l’esprit du silence

J’ai lu un jour les mémoires d’une résistante bordelaise durant la dernière guerre. Elle tenait un café dans lequel venaient des résistants en quête d’informations, de laisser-passer ou de toute chose impossible à débattre à voix haute dans un lieu public. Ce qui m’avait le plus impressionné, c’était la difficulté pour cette femme de reconnaître la véritable intention de ceux qui venaient à elle pour un service lié à son activité souterraine. Qu’un individu vînt de la part d’untel ou untel, comment lui faire confiance pour ne pas trahir un réseau ou un camarade, pour ne pas se trahir soi-même.

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