Ceux qui dénoncent et ceux qui s’organisent

« Devant l’évidence de la catastrophe il y a ceux qui s’indignent et ceux qui prennent acte, ceux qui dénoncent et ceux qui s’organisent. Nous sommes de ceux qui s’organisent. » Le comité invisible

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Ce qui se passe actuellement et sous nos yeux à Notre-Dame-des-Landes est révélateur. Un fossé sépare celles et ceux qui suivent inconditionnellement des consortiums privés, politiques ou mafieux, dont le but est de s’octroyer le bien commun, de ceux et celles qui le défendent dans l’intérêt de tous.

J’ai l’intime conviction que les partisan-e-s du « oui » pour un aéroport à Notre-Dame-des-Landes ne s’appartiennent plus. Leur inconscient est la proie d’intelligences qui les dépassent et les façonnent. Illes ont voté pour un intérêt abstrait et concrètement pour une éradication significative d’un environnement sain.

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Je vois sur les réseaux sociaux de la part d’internautes de magnifiques messages. Illes s’indignent du sort de la forêt amazonienne, des îles du Pacifique, de la banquise, de l’état de l’Afrique, de la planète en général, et par conséquent des peuples touchés par la folie destructrice de l’homme envieux de ressources et de pouvoir. Que font ces mêmes personnes, en France, quand il s’agit de défendre ce qui leur appartient de plein droit, c’est-à-dire leur propre sol ? Illes abdiquent et le sacrifient. Pire encore, illes se mettent en travers de celles et ceux qui osent se lever contre l’injustice et contre la subtilisation des intérêts fondamentaux que sont la vie et la nature.

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Je le redis, ces personnes ont perdu la faculté de penser par elles-mêmes. En ce sens, il est clair que les grands profiteurs de leur anesthésie peuvent se sentir satisfaits. À force de propagande, ils ont réussi à faire leur esclave d’une partie de la population sans qu’elle s’en rende compte.

Il n’y a qu’à imaginer les prochaines luttes sur le terrain. Les nanti-e-s, dans leur rêve biaisé d’un progrès exterminateur, autrement dit les « oui », n’iront pas physiquement. Illes n’oseront se produire en face de leurs ennemi-e-s présumé-e-s. Illes préféreront suivre devant leur télévision les forces de l’ordre, qu’illes auront déléguées sur place. Illes ingurgiteront un débat soumis par leurs hiérarchies, comme d’habitude. Illes regarderont avec une méchanceté peu ordinaire se battre celles et ceux qui risquent de perdre leurs habitats, leurs biens, leurs élevages, leurs cultures.

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À l’opposé, les occupant-e-s et défenseur-e-s, envahi-e-s pour ce qu’illes ont de plus cher et de plus intime, devront faire face, par nécessité. Tous seront devant le pas de leurs portes.

Il est dans la nature de l’être humain de s’opposer à l’attaque de son foyer et de sa famille. C’est même un devoir, pas un enfant ne saurait regarder son père ou sa mère, plus tard, en apprenant leur défection face à d’illégitimes oppressions.

Il réside dans ce vote pour le « oui » une forme perverse de jalousie. Il y a dans ce parti suicidaire un tel manque de courage que j’imagine chez celles et ceux qui l’ont choisi une volonté d’éradiquer tout ce qui pourrait le leur rappeler. Détruire la Zad et anéantir les Zadistes devraient les rassurer. C’est terrible de constater comment la lâcheté peut rendre certains hommes et certaines femmes indignes de profiter de bienfaits que les plus courageux-ses protègent de toutes leurs forces, à leurs corps défendant.

Il n’y a pas de calcul de ce type dans la Zad de Notre-Dame-des-Landes. Il m’a semblé, en y allant, que s’il y en avait un, il s’apparenterait plus à un geste généreux, et, on le voit à travers ce qu’endure ses occupant-e-s, une réelle abnégation. Ce n’est en effet pas à la portée de n’importe qui.

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