LA CONTRÉE HUMAINE

Ou la tentative d’une interprétation profane d’un verset du Coran, suivie d’une proposition de réécriture

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Dans la seconde sourate du Coran : la Vache, il y a au verset 213, où il est question de l’Écrit et de sa Vérité, ce vers sans équivoque apparente :

« Allah guide qui il décide sur le chemin ascendant »

Si l’on considère qu’il y a une récompense à la vie, il n’y a pas d’autres voies que de croire en Dieu ou en Allah, ça me paraît tellement explicite, criant, que le propos ne laisse aucune alternative. De quelque façon que je retourne ce verset, il est inépuisable et semble irréfragable, à moins d’en créer un nouveau.

Est-ce qu’il faut croire en Dieu, si Dieu détourne l’homme de lui-même ? Faut-il parallèlement instituer une nouvelle religion, ainsi que l’ont fait Abraham, Pierre et Mahomet ? La foi demande-t-elle nécessairement de regarder vers le haut et vers une entité supérieure censée nous protéger ; une entité culpabilisatrice capable d’effacer nos fautes, d’exaucer nos prières et nous conduire au paradis ?

Il y a dans tout ça une erreur d’aiguillage pour la pensée. Je pense au contraire que Dieu est homme, et que si son essence est divine, il est alors lui-même un être unique, un être parfait et immanent, un être incréé, bien sûr, et par conséquent vivant, ici, sur terre, chaque jour et au travers de la nature, des êtres, des époques et du temps.

Je ne vois pas la nécessité — peut-être ne suis-je pas assez éclairé pour cela — d’élever un Dieu qui serait omnipotent et qui porterait plusieurs noms, s’il n’était lui-même Homme ou Femme (Pourquoi concevoir Dieu ou Allah comme une entité masculine ?). Si Dieu ou Allah existe et qu’Il, ou Elle nous a transmis différents messages, bibliques, « évangélistes » et coraniques, comment pourrait-Il/Elle nous dresser les un.es contre les autres, et notamment envers le libre arbitre des femmes, dont le corps et l’esprit serait implicitement à la merci du masculin, pour l’éternité.

Comment Dieu ou Allah pourrait-Il confier la maîtrise du monde à un être qui, dès lors qu’il se sent au-dessus de ses prochains, se conduit comme un général de brigade et décide de la vie ou de la mort de ses troupes. Comment Dieu ou Allah peut-Il ordonner à l’homme de dominer sa compagne ? Comment peut-il lui confier les clés du règne animal et du monde végétal tant il les dénigre et les exploite ? Comment cette maîtrise totale de la vie et de la matière pourrait-elle être acceptée par les mammifères que nous sommes si nous n’acceptions pas consciemment d’être maîtrisés ?

De ce point de vue et depuis la nuit des temps, l’idée de Dieu est une idée purement pragmatique dans l’esprit de quelques personnes. Instituées en représentant.es de Dieu ou d’Allah, elles prônent l’obéissance et la soumission à des idéologies sur mesure et à leur avantage terrestre.

La dimension de Dieu ou d’Allah, que je distingue pour répondre aux conceptions orientale et occidentale, peut et doit évoluer jusqu’à atteindre l’être, en lui-même et pour lui-même, pour son émancipation totale et vis-à-vis de n’importe quelle autre entité divine présente sur terre.

Ma traduction de ce verset serait plus une interprétation ou une transcendance actuelle du message, dégagée du dirigisme comprit dans le discours mahométan :

Voix Une

Les hommes et les femmes constituent une seule contrée

De laquelle émane toute vérité

Tous les chemins sont à leur portée

Le droit, l’ascendant, le meilleur

Pour elle comme pour lui

Je sais tout ce que ce geste a de vain. Jamais je ne pourrais englober la somme de ces écrits terrestres qui tentent de nous condamner à la vénération d’entités soi-disant plus fortes et plus lumineuses que soi, mais en fait plus malines. Cependant, quel édifice ne s’écroulera pas s’il n’est émietté patiemment. Et puis j’en ai le droit, parce qu’étant homme je suis dieu, parce que dieu c’est l’homme c’est moi, et si je l’écris ainsi, que ce soit par la conscience ou par une voie transcendantale, c’est parce que ces lignes sont un début vers une nouvelle alliance avec soi-même, dégagée de ce que je pourrais appeler le Vilain, soit un message empreint de liberté.

Idem en politique.

Voilà !

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