HUMEURS RÉFRACTAIRES

Réagir à l’actualité prend du sens au moment de son expression. C’est un devoir pour un écrivain que de mettre ses facultés au service de la liberté et de publier. Pour ma part, je dispose des réseaux sociaux, d’un blog et parfois du secours d’un média pour agir. J’ai également la possibilité d’écrire pour moi seul, histoire de fixer ma pensée. En fait, il y a beaucoup de façons de manifester ses opinions et, à ce propos, j’ai recueilli toutes celles qui m’ont paru résonner entre 2013 et ce début d’année 2019 avec les événements qui se déroulent actuellement en France. C’est terrible de penser qu’agiter la sonnette d’alarme ne sert à rien. Si le train doit dérailler, rien ne pourra l’empêcher. C’est le destin. Le train d’une certaine France déraille et c’est sans doute nécessaire.  J’espère simplement que c’est pour le bien de tous, mais ça… c’est encore à voir…

***

Février 2013 – Suicide à Pôle emploi

Un homme s’est suicidé en se couvrant de flammes près d’une officine administrative où l’on traite des dossiers de personnes sans emploi.

« Un chômeur ! », dit la presse, quasi unanime, comme si elle n’osait pas mentionner son appartenance à l’espèce humaine.

Ce vocable volontairement péjoratif est symptomatique du fossé qui existe actuellement entre ceux qui peuvent justifier d’un travail et ceux qui ne le peuvent pas, ou dont les critères de subsistance ne rentrent pas dans le schéma préconçu par une administration habituée à l’observation.

Cher homme, je voudrais que ton geste ne figure pas uniquement au registre des faits divers ou de la simple curiosité du lecteur occasionnel des nouvelles du jour.

Le maître mot de l’histoire est la reconnaissance et moi j’ai du respect pour ce courage dont tu as fait preuve pour dénoncer de ta révolte l’hypocrisie qui règne dans notre pays dès lors qu’on parle de travail.

Les bien-pensants d’un côté avec leur assurance d’un salaire à échéance, les éclopés du destin de l’autre et la misère administrative que la fonction publique leur fait subir.

Ton suicide, ton éradication par toi-même, ton effacement des bases de données de cette honteuse agence pour l’emploi, je veux le comprendre. C’est un message important pour nous tous. Ce n’est pas un acte désespéré, c’est la révolte d’un innocent contre son bourreau.

***

Mars 2014 – Big Brother et l’enfance

L’ennui, ici comme dans beaucoup de pays, c’est le contrôle. Nos grands-parents, deux guerres, des gens concrets, leurs enfants, occupés par l’envahisseur, à dure école, cultivant des secrets, des non-dits ; notre génération, insouciante dans sa jeunesse, permissivité, relâchement, et nos enfants nés dans un nouveau mensonge, plein d’interdits, la sécurité placardée jusque sur les balançoires, et surtout le délestage des responsabilités, sur l’autre, le Français cultivateur de son individualisme, non, pas facile ce qui arrive pour les plus jeunes, leur donner des moyens intellectuels à la hauteur, éviter les mirages, alors que c’est si agréable, les mirages, quand on est moujingue, qu’on va à la chasse à la vie la fleur à la ceinture et les poches remplies de petits cailloux.

***

28 mai 2014 – Sur la dérive autoritaire

Lu un article d’Hervé Kempf. Une dérive autoritaire en France ? A la vue des résultats aux Européennes, je crains qu’elle devienne potentielle. Certains la souhaitent parce que le pays regorge de richesses et qu’ils n’en profitent pas comme ils le voudraient. Le pouvoir… une très belle affaire ! Pour sûr, des oligarques plus méchants risqueraient de remplacer ceux que nous avons, qui ne sont somme toute que de petits et timides magouilleurs, que l’on peut encore traduire devant la presse et les tribunaux, au moins pour la forme.

Ça va encore prendre un peu de temps, mais c’est comme la banquise, ça va plus vite que prévu.

***

4 novembre 2015 – Sur la liberté d’expression

Ai relevé deux petites phrases, histoire de commencer la journée en douceur : celle de M. Jakob Von Uexküll, créateur du « Right Livelihood Award », qui aura distingué Edward Snowden le 1° décembre 2014 à Stockholm : « pour son courage et sa capacité à révéler l’étendue sans précédent de la surveillance étatique, qui viole les processus fondamentaux des démocraties et les droits constitutionnels. » ; et celle de David Grossman, qui s’exprimait ainsi sur France Culture le jeudi 3 septembre 2015 : « La liberté de parole dans le monde entier est en danger, et dans le monde entier il y a des agents qui cherchent toute possibilité pour empêcher les gens de s’exprimer. Le droit de tout dire, sauf des choses qui sont effectivement des appels à la violence contre quelqu’un, est un droit sacré ».

***

3 décembre 2015 – ONU & Daech & USA & France & moi

Mp : Que faisons-nous en France, pourquoi notre ministre des affaires étrangères a-t-il changé d’avis et serait maintenant pour une solution qui avantagerait Assad ?

Pt : Aujourd’hui la priorité de Hollande c’est Daech. La coalition aérienne va peut-être se faire tout en sachant que les USA ne fourniront pas les renseignements à la France, comme ils le disent, car la France ne fait pas partie du cercle Canada, royaume uni, Australie. Maintenant, sans intervention au sol rien ne pourra se régler et personne ne veux s’y risquer quand on voit le résultat aujourd’hui en Irak et en Libye. Enfin… connaissant le secteur, c’est très compliqué, on pourrait en parler des soirées et des nuits entières.

Mp : La priorité de Hollande ce sont les élections, toutes les dernières mesures tendent à conforter les doutes qui subsistent après les attentats, et en même temps il donne l’occasion aux tenants d’une économie sans partage de museler la protestation populaire qui s’insurge contre l’injustice, notamment dans les non-choix écologiques, et l’état d’urgence devient la mesure la plus inique depuis l’état français de 1940, ce président nous emmène dans une guerre qui sévit sur notre propre sol et contre laquelle il nous rend impuissants, du coup nous voici passant d’une ère pacifique à la réalité de plusieurs grandes menaces, l’extrême droite, dont tout le monde peut imaginer la dérive fasciste, l’islam, dont là, c’est sûr, le danger est clairement visualisé, et enfin l’état d’urgence, dont nous voyons bien que sa prolongation démange Valls, lequel semble se satisfaire pleinement de la situation, mais encore ces partenariats avec les saoudiens, qui sont parmi les dirigeants les pires qui sévissent sur cette terre, et je pourrai continuer la liste en évoquant le président lui-même, dont toute la médiocrité s’étale maintenant sur tous les écrans du monde entier. La France était un pays avec une politique de réserve, écoutée et respectée, avec un peuple en paix, et la voici en proie à un certain nombre de démons. Par contre, à travers toute cette misère si consternante, je vois que le Français lambda, comme nous tous qui n’avons pas forcément les rênes du pouvoir, s’exprime clairement et intelligemment, et dans un sens cela correspond à un réveil des consciences très intéressant. Je me demande parfois comment les réseaux de résistance s’étaient mis en place après l’armistice et l’appel du 18 juin, je commence à comprendre, c’est une histoire d’opinion, d’honnêteté intellectuelle et de bon sens, et ça a rapport avec l’humain et avec la dignité…

***

18 mai 2016 – Contre la loi El Khomri

Un manifestant contre la loi El Khomri utilise un scion de canne à pêche contre un membre des forces de l’ordre. Sur fbk, des internautes se déchaînent contre ce manifestant. Se demande-t-on, avant de s’indigner et d’applaudir les forces de l’ordre, pourquoi un manifestant se transforme en guerrier urbain ? Quelles sont ses motivations ? Qui est le « casseur » ? L’agent qui est dressé pour contenir les manifestations et les briser s’il en a l’ordre ? Ou X qui s’en prend à une certaine idée de la propriété et de la justice ? Il ne s’agit pas de faire l’apologie de la violence, mais elle fait sens. Le gouvernement utilise actuellement des méthodes qui tendent vers une nouvelle lecture du fascisme, et ça je ne peux pas le cautionner. Du coup la société civile se rebelle et emploie les moyens à sa disposition. Ce n’est certes pas légal mais j’estime que la révolte est un droit naturel. Et puis le public commence à comprendre que « la casse » est instrumentalisée par le Ministère de l’Intérieur. C’est vrai que je m’insurge contre la réception de l’information au premier degré. Il y a une telle théâtralisation que c’en est déplorable.  Chacun est libre, mais quand je vois circuler des avis de recherche de l’état-major de la police, tout ça pour quelques coups de fouet surtout chargés symboliquement, je m’interroge, quelque chose ne colle pas. Les appels à la délation : n’est-ce pas influencer une certaine forme de collaboration rampante, version 2016 ? Le pire auquel on peut aujourd’hui assister, c’est la participation active de la masse à la montée d’un autoritarisme qui la rendra plus servile encore.

***

29 avril 2016 – Chaos Vs Autoritarisme

« Le chaos démocratique vaut mieux que le chaos qui résulte de l’autoritarisme. » Félix Guattari

Sur fbk une discussion se déploie autour d’un texte de 1992 écrit par Félix Guattari, qui milite pour une refondation des pratiques sociales. Le propos avec lequel je m’accorde dans sa refondation, c’est la refondation dans le chaos. Pour qu’il y ait une renaissance, il faut une mort. En ce qui concerne l’Europe, tant qu’elle n’aura pas été une fois de plus à feu et à sang, rien ne changera. Les prises de paroles dans l’espace public vont bientôt s’en rendre compte. N’oublions pas que le système actuel broie les peuples et les tue tout aussi certainement, il n’y a qu’à passer dans un service oncologique pour constater la prédation à laquelle se livrent les laboratoires, et flâner dans les campagnes ou passer dans les banlieues pour constater la réalité des misères. La défense passe aussi par l’emploi d’armes offensives, au moins dirigées contre les biens et les infrastructures. Après tout, faire sauter un pont ou obturer un tunnel reviendrait à rétablir des circuits courts. Ce serait donc écologique. Le tout est d’assumer une très prochaine préparation à la violence, au moins intellectuellement avant de l’organiser effectivement.

***

Mai 2016 – Syndiquez-vous !

Quelque chose m’échappe chez certaines personnes. Influencées par les médias les plus partiaux, elles dénigrent la contestation syndicale et populaire sans réfléchir et mélangent tout. D’abord, il est question du retrait de l’Article 2 de la loi El Khomri, qui privilégiera l’accord d’entreprise sur l’accord de branche. Ce qui signifie que les conventions collectives pourront être purement et simplement manipulées en sa faveur par un chef d’entreprise malveillant vis-à-vis de ses employés, ou uniquement préoccupé de la rentabilité de son affaire au détriment de ses salariés.

La CGT, quoiqu’on en pense, est un syndicat qui s’engage dans la lutte sociale. Des débordements, il y en a des deux côtés, il s’agit d’un conflit ouvert entre le gouvernement et une représentation syndicale, qui emmène dans son sillage celles et ceux qu’elle défend et qui veulent bien la suivre.

Je ne comprends pas pourquoi ces personnes, qui bénéficient d’acquis sociaux grâce aux luttes et aux syndicats qui défendent leurs droits, crachent sur ceux-là même qui les protègent.

Si cette loi devait passer, que feraient ces personnes en cas d’abus de leurs directions ou de leurs hiérarchies ? Il faut qu’elles sachent que leur principal recours sera toujours les syndicats. Ce sont eux qui se mouilleront pour les sortir de l’embarras, pas leurs hiérarchies, pas leurs dirigeants, ni les élus comme nous le constatons.

Quand cette jeunesse défile, ce n’est pas par populisme, ce n’est pas par embrigadement intellectuel, ce n’est pas par inconscience, c’est au contraire par une juste lucidité de la situation et des conséquences du laisser faire.

Les syndicats, souvent anticapitalistes, sont des garde-fous vitaux pour la santé sociale des pays où ils sont représentés. Toute la population profite aujourd’hui de leurs prises de position, et face aux coups de boutoir d’un gouvernement peu honnête il faut en convenir, la radicalisation de la lutte et des moyens de cette lutte sont éminemment nécessaires. Le code du travail est une de leurs conquêtes et il est aujourd’hui, dans son principe, depuis la loi du 24 juin 1936 (Front populaire) en faveur du salarié. Si la loi El Khomry passe cette faveur disparaîtra et les rapports salariés/employeurs seront soumis à la loi du plus fort.

***

22 juillet 2016 – Démagogie

Il est devenu impossible de faire confiance aux politiques. Ils fonctionnent selon un schéma à dépasser. Pour eux l’organisation sociale se résume à un ordre hiérarchique simpliste.

« Je suis élu, donc j’ai le pouvoir, donc je commande, les autres sont mes subalternes et je les envoie combattre les hégémonies concurrentes afin d’imposer ma vision du monde pour la régir et l’exploiter selon mon bon vouloir et celui de ma caste ».

Chez nous, tant qu’il y aura de bonnes gens trop crédules ou naïves pour voter pour un représentant qui finalement obéira aux règles d’une économie dirigiste, la base en sortira toujours plus exsangue.

Pourtant des solutions existent et sont déjà à l’œuvre, mais les gouvernements en place voient en elles une déstabilisation capable de réduire leurs prérogatives institutionnelles.

Ils tentent alors par tous les moyens d’éradiquer ces nouvelles expériences, le plus souvent par des discours mensongers ou démagogiques, la propagande d’état, et de plus en plus par la force. Je ne fais plus confiance à ces personnalités qui renient les peuples, lesquels sont intelligents et peuvent très bien se débrouiller sans elles.

***

Octobre 2016 – A bâbord toute résistance…

Aujourd’hui, dire : « la gauche » signifie quelque chose d’assez péjoratif parce qu’un certain nombre de faits anti-démocratiques se produisent sous un gouvernement socialiste par des personnes qui se disent socialistes. D’où le nombre impensable de références à Vichy en ce moment dans la presse et les réseaux sociaux. Dommage, c’est pourtant bien d’être de gauche en 2016, c’est une vertu à mon sens, pas une appartenance ni un mode de dénégation. Une conscience disons… pas une opportunité c’est sûr.

A moins qu’être de gauche ait un rapport avec une nouvelle Résistance intérieure à réinventer contre des forces de ce même intérieur. Peut-être cela est-il en construction, en silence.

***

10 octobre 2016 à Notre Dame des Landes

Tous ces bâtons, ça ne présage rien de bon. J’ai souvent lu dans nos livres d’histoire que les seigneurs, les rois ou l’état mataient toujours les révoltes paysannes, qu’elles soient jacqueries ou communardes. Nous étions plusieurs dizaines de milliers de personnes sur la zad de Notre-Dame-des-Landes ce samedi 8 octobre, de Bretagne, de Touraine et de beaucoup plus loin en France ou en Europe. J’ai entendu parler italien, russe, espagnol, anglais, jusqu’à des langues indistinctes, tout comme de vieux chants partisans s’élevaient dans les chemins pendant la marche. Il y avait des jeunes par milliers et autant de moins jeunes. Des enfants jouaient, couraient, suivaient le mouvement, d’autres étaient poussés dans leur berceau, tous avançaient.

Quand sonnera l’appel général, les bâtons fichés en terre sortiront de leur veille silencieuse et rempliront leur office. Peut-être y aura-t-il des victimes, comme Rémy Fraisse à Sivens, et louerons-nous pour l’éternité la bravoure de ceux qui seront morts aux champs d’honneur de leur idéaux, quels qu’ils soient. Contre l’aéroport pour certains, contre la répression policière pour d’autres, contre les intérêts de quelques-uns au détriment de l’intérêt général, contre un ensemble de mesures iniques contraire au bons sens, mais enfin pour la préservation de la nature et l’entente entre des composantes citoyennes responsables et lucides. Il est clair que l’état d’aujourd’hui, dans sa mascarade démocratique, tend vers la dictature. J’ai planté un bâton pour dire qu’être hors-la-loi est aujourd’hui légitime face à un état fiscal et répressif sans pitié. Je me soulève face à lui et ses représentants.

***

Mars 2017 – Elections présidentielles

Durant ce deuxième tour des élections présidentielles, si je ne me reconnais pas dans les candidats en lice, je ne vois pas l’intérêt de voter pour l’un ou pour l’autre. Je comprends le barrage au Front National mais tout est fait pour que Macron passe puisque lui ne subit aucun barrage, sinon celui des étudiants qui assument le « NI NI ». Voter pour l’un ou l’autre des candidats, alors qu’on ne partage pas leurs fondamentaux, empêcherait implicitement toute contestation future. Au contraire, prendre acte d’un résultat dans lequel je n’ai pas pris parti me permettra de défendre ultérieurement mes idées, car quoiqu’il arrive Le Pen ou Macron sera élu et un nouveau combat commencera. Il est donc hors de question que je donne ma voix à l’une ou l’autre de ces personnes.

***

Septembre 2017 – Automne merdique

Rassurons-nous, si dans pas mal de pays aux alentours c’est la même merde, au moins en France nous avons l’avantage d’avoir de l’eau de Vichy pour nettoyer toute cette merde.

***

15 janvier 2018 – L’âme du peuple

Nos dirigeants font de la politique en chambre, aucun d’entre eux n’a compris l’âme d’un peuple, nous ne sommes pas leur peuple, pour eux nous ne sommes que des individus à diriger, aucun d’entre eux n’a conscience de ce qu’il se passe réellement dans ce pays, alors ils libéralisent par le haut, ils donnent du pouvoir au pouvoir, sans contrepartie, et le peuple est ponctionné pour être ponctionné, il n’a pas d’alternative, l’administration grossit sur ce schéma et l’écart entre une dictature du fonctionnariat et la masse s’agrandit, pas une seule de ces têtes bien pensantes n’a une seule seconde imaginé que le peuple avait besoin de libertés pour s’exprimer économiquement, selon ses capacités et ses moyens, aussi elles l’oppressent et le compressent sans un regard pour une crise qui ne les effleure même pas, à tel point qu’aujourd’hui nous assistons aux dérives d’un État de plus en plus malveillant vis-à-vis de ceux-là mêmes qu’il devrait soutenir et aider.

***

3 mars 2018 – Un grand résistant

Stéphane Hessel était un activiste, et un indigné à la fin de sa vie, comme si ses combats n’avaient abouti qu’à un peu plus d’obscurantisme et d’injustice. C’est ainsi que je comprends son message, dans l’activisme, et dans le sabotage s’il le faut.

***

Avril 2018 – Répression de la mobilisation des étudiants contre la réforme de l’accès aux études supérieures

LES ETUDIANT.ES

Ces merdeux
Qu’il nous dit, le chef
On va s’les mettre au pas
Manu militari
Et les sortir de là
À coup de pompes dans l’cul
Z’avez compris ?
Oui chef, qu’on lui dit
Moi, je suis en grande tenue
Dans mon bleu de France
Le Lieutenant-Colonel
De la gendarmerie
Nous a donné des ordres
Et un bel uniforme
Faut y’aller
Qu’il a dit le chef
En formation serrée
Et on a l’droit d’taper
Mêm’sur la tête
Y’en aura des mignonnes
J’leur f’rais bien leur fête
Bientôt peut-être
Qu’il a dit le chef
On pourra tout s’permettre

***

Avril 2018 – Notre Dame des Landes

LA DICTATURE EN MARCHE

Moi j’conduis un tractopelle
J’rase puisqu’on m’dit d’raser
Y’a des familles
M’en fous
Elles z’ont qu’à s’planquer
J’vais tout bouziller
I’m’donneraient un flingue
Qu’ça s’rait pareil
J’tir’rais dans le tas
Mômes ou pas
Pourquoi j’me gênerais
Puisque les copains les gazent

***

24 septembre 2018 – Salauds de Bisounours

Elle : Je me demande quand nos élus cesseront de vivre dans le monde des Bisounours.

Moi : Non non, ils savent où ils vivent et ce qu’ils font, sauf qu’ils ne sont intéressés ni par toi ni par tes enfants, ils se servent d’abord, c’est pour ça que tu payes des impôts. D’ailleurs, pour être tranquilles, ils vont aller directement se servir sur ton compte en banque. Certains appellent ça la démocratie, d’autres appellent ça du vol à main armée, puisque si tu refuses ils t’enverront leurs milices fiscales. C’est tout le système politique qui mériterait d’être modifié, surtout de nos jours où c’est la malveillance qui préside dans la plupart de nos contrées dites civilisées. Mais inquiétons nous vraiment parce que les plus grands profiteurs, qui détiennent l’armement, ne veulent surtout pas que ça change. N’en déplaise à certains, les solutions seront de plus en plus individuelles, familiales, claniques, et parfois peut-être avec un peu de chance collectives. La démocratie va disparaître au profit de nouvelles organisations sociales, voire calquées sur des modèles primitifs, ça j’en suis persuadé mais je ne le verrai sans doute pas. À l’heure où le concept même de résistance est mis à mal, il est plus que jamais nécessaire de redevenir endurants pour affronter les temps qui s’annoncent.

***

Novembre 2018 – Sur les violences policières

Je suis pacifiste lorsque je condamne les bombardements au Yémen mais je ne le suis plus quand je vois la police française s’en prendre militairement à des gens qui manifestent pour une vie meilleure.

***

Décembre 2018 – À Mantes-la-Jolie, des gosses à genoux et les mains sur la tête face à des gendarmes en armes.

Après une telle scène d’horreur, la seule chose que mérite ce président, son gouvernement et leurs représentants territoriaux est que nous n’obéissions plus jamais, tous ensemble, à aucun de leurs ordres, à aucune de leurs mesures, à aucune règle ni à aucune loi, à rien de leurs émanations. De toutes les façons, nous n’avons pas besoin de ce ramassis pour nous dire ce que nous avons à faire et ne pas faire.

***

1° janvier 2019 – Quelle bonne année ?

Vous m’expliquerez comment souhaiter une bonne année sans se soucier des inégalités en France et de la répression qui touche toutes celles et ceux qui les dénoncent. Au contraire, ça fait des années que les libertés s’amenuisent, et pas uniquement au niveau de l’expression. Nous vivons une période où pas mal de personnes, à moins qu’elles ne soient intéressées ou très naïves, jouent un jeu qui me fait penser à une forme nouvelle et particulièrement insidieuse de collaboration. Il n’y a pas à relativiser et ce n’est pas de la fiction, la France est sous contrôle et subit une réelle occupation. Bonne année dans la dignité, quels que soient vos moyens de résister.

***

8 janvier 2019 – Actes 1 2 3 4 5 6 7 et 8 des Gilets jaunes

Quelles que soient les vidéos que je vois circuler sur le Net et où apparaissent les forces de l’ordre, toutes sont à l’image de la lâcheté : des groupes armés et casqués qui s’évertuent à meurtrir des gens sans défense à coups de matraques, de gaz et de balles explosives. « Hourra ! » à ces héros courageux et anonymes qui luttent les mains nues pour rétablir la dignité contre une poignée d’affairistes, qui croient encore pouvoir humilier un peuple sans être sanctionnés. Ces profiteurs méritent une bonne fessée. Pour 2019, je souhaite à toute cette engeance une belle déculottée en place publique.

***

15 janvier 2019 – Humeur réfractaire

C’est comme si ces dernières décennies auraient tellement exploré les plaisirs et les distractions favorisées par la paix, au moins dans les pays les plus avancés, que leurs populations en ont oublié les misères de la guerre, ou les subliment devant leur écran de télévision. Les vrais héros d’aujourd’hui sont des musiciens, des acteurs, des personnages de fiction qui nous donnent à voir le monde comme une immense cour de récréation. Aussi c’est assez compréhensible ce rejet de l’amusement par les forces de l’ambition et du pouvoir, qui ont besoin de servilité pour assouvir leur inadaptation au monde en paix. Il arrive un moment où des limites sont franchies et où le processus nécessite des conflits. C’est sûrement très complexe et je suppose que chacun est conscient des énormes dégâts que pourraient générer des cataclysmes nucléaires, par exemple, mais la paix ne se suffit même plus à elle-même parce qu’elle a exagéré. Ces temps de tranquillité, qui sont en voie de disparition, ont permis à quelques-uns de se servir très largement et en toute impunité, sans violences apparentes, par le biais de l’injustice, qui tue socialement et éteint financièrement, en douceur, jusqu’à ce que des échelles de comparaison aient enfin fait apparaître au grand jour les écarts dus à la rapacité des élites. Il faut espérer qu’une révolution réussisse à briser le joug que la paix nous a mis sur les épaules pour éviter celui, bien plus douloureux encore, qu’un conflit de grande ampleur pourrait nous coûter. Pour moi, ça n’a guère d’intérêt de s’en prendre aux symboles, ni aux personnes, ni à la police, ce sont les infrastructures du système actuel qu’il faut saboter. En cassant tous ensemble et minutieusement tout ce qui est nuisible à notre survie et à notre liberté, nous retrouverons une meilleure entente entre nous et cette nature à laquelle nous appartenons.

***

Laisser un commentaire

Votre email ne sera pas publié / les champs obligatoires sont indiqués par une *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.