Du Blues à New Blatt City

Blatt Singer médite dans le taxi qui les mène, lui et les membres de son groupe, au Club 54 où ils doivent se produire ce soir.

– … foutu embouteillage… ça, pour être bloqué… on y sera jamais… j’imagine la tête de notre manager… trois mois qu’il bosse à plein sur cette soirée…et le tax’ qui lit le journal…

Derrière lui Keithbla, Joblahn et Nblaick ne pipent mot mais on sent une atmosphère tendue. Un pétard tourne.

– Eh ! Tu pourrais nous faire la lecture au moins, s’impatiente soudain Blatt Singer en apostrophant le chauffeur.
– No problémo mon pote ! répond l’invectivé avec un accent basané. Alors… qu’est-ce qu’il y a d’intéressant… ah oui, les Blues-Blatters jouent ce soir au Fifty-Four.
– Non… sans blague… tu déconnes ou quoi ? s’étonne ouvertement le leader du groupe.
– Vous m’croyez pas ? Tenez, pleine billes en première page les lascars…  mais d’où y sortent ces types là… on s’demande avec des tronches pareilles…

Blatt Singer jette un œil à ses condisciples, attrape le pet’ au passage puis arrache le journal du taxi.

– Fais voir ! Ah oui, en effet… qui c’est qu’à fait l’article… Bimbo Blatte… j’la connais… une bombe… eh les mecs, visez un peu c’qu’elle écrit.

Le journal passe derrière de main en main.

– D’enfer… Oaaah, le look de Blattos avec ses nouvelles lunettes… siffle Keithbla.
– Ah ! s’esclaffe le taxi, des lunettes de gonzesses, oui, et z’avez vu son galure… grandblattignolesque…
– T’en connais des mots, toi, lui rétorque Joblahn, et tu penses quoi du guitariste ?…
– Le chauve, là, avec un nez plat… attends, hé, c’est pas un guitariste, ça… avec un crâne en forme de table de ping-pong, c’est un porte-avion… ah ah ah… et l’autre affreux, à côté, avec ses bigoudis… ridicule… sûrement pas un musico… plutôt une tantouze tout droit sortie d’un cabaret de travelos… ah oh ih…  c’est pas des bluesers…  mais des lousers… ah ah ah arghhh…

Nblaick donne un méga coup de pompe dans le dossier du chauffeur qui allait s’étouffer. Ce dernier se cogne la tête dans le pavillon.

– Pov’ tart’… lui décoche Blatt Singer en sortant du taxi et en claquant la portière. C’est nous les Blues Blatters… et toi t’es le gros naze du siècle, et celui-ci commence tout juste, c’est dire… allez les keums, on s’bouge, on est à la bourre, on y va à pingots.

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